Peu avant son unique concert, Paul McCartney n’avait pas la langue dans sa poche, pointant du doigt les “majors” du disque ou s’avouant perplexe devant les nouveaux modes de consommation de musique.

Décontracté, l’ancien “Beatle” s’est dit ravi d’avoir quitté le circuit des “majors”, expliquant que sa signature sur le label des cafés Starbucks lui avait donné une bouffée d’oxygène.
“C’était impressionnant, car l’enthousiasme de cette nouvelle équipe était intact”, a-t-il dit, en opposition “avec les maisons de disques, qui sont souvent devenues des magasins de disques et où le personnel tente de gérer 300 artistes, tout en s’ennuyant de pied ferme”, a-t-il ajouté en mimant un large bâillement.
Interrogé sur le téléchargement comme nouveau mode de consommation, “Que peut-on y faire?”, a répondu Sir Paul, non sans rappeler qu’il avait débuté l’époque des “disques vinyle, qui ont été supplantés par les cassettes enregistrées, puis par les CDs”. “Ainsi vont les choses”, a-t-il estimé, philosophe.
Le fringant musicien végétarien de 65 ans salue d’ailleurs l’opération du groupe Radiohead, qui en laissant au public le soin d’évaluer lui-même le prix d’achat de leur dernier album, a généré 10 millions $ US en une semaine d’exploitation, exclusivement numérique. Pourtant, même s’il est lui-même présent sur la plate-forme ITunes, McCartney estime qu’Internet est surtout un medium propre à la publicité et la promotion”, et qu’au final, l’album physique est toujours recherché par les vrais fans.
Quant à son dernier opus “Memory Almost Full” (Mémoire presque pleine) sorti en juin, c’est une référence “à la multiplication des sources d’informations auquel chacun est aujourd’hui soumis”, explique-t-il. “C’est un peu comme la mémoire de mon téléphone portable, dont je dois effacer régulièrement les messages, car nous en sommes rendus là : il nous faut tous faire le vide de temps en temps, tant on est assaillis.”
Le concert de lundi à Paris sera l’unique prestation mondiale de Paul McCartney d’ici la fin de l’année. Quelque 2000 inconditionnels ont obtenu les précieux sésames (tickets et bracelets anti-marché noir) pour assister au concert, certains n’ayant pas hésité à passer la nuit de dimanche à lundi à la belle étoile. Peu après 17 h, lundi, la totalité des tickets, dont la vente avait débuté à l’Olympia à 11 h, avait été écoulée.
Une version “Deluxe” de “Memory Almost Full” (Hear Music/Mercury) sera rééditée le 12 novembre. Elle comprend un DVD inédit incluant notamment cinq titres “live” et les vidéos des titres “Ever Present Past” et “Dance Tonight”.








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