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Écrit par
Luba

Lenny Kravitz, rockeur «peace and love»

Lundi 28 janvier 2008 à 10:15 | Dans la catégorie Exclu., Interviews, Nouveautés
Dix-neuf ans après «Let Love Rule», le musicien prône la révolution amoureuse dans «It Is Time For A Love Revolution». Il évoque aussi son pays en guerre, son père… Rencontre dans le mythique Electric Lady Studios, créé par Jimi Hendrix. 
 
«Aujourd’hui, les albums de rock ont tous le même son», dit Lenny Kravitz, qui s’est donc employé à assurer un son original au sien

 

Pour pénétrer dans l’antre du rock’n'roll, il faut trouver la porte anonyme à l’interphone discret, dans une rue passante du West Village, à New York. Descendre ensuite une série de marches jusqu’au sous-sol et parcourir un long couloir longeant une salle de mixage. C’est là, dans les entrailles de l’Electric Lady Studios - le mythique studio d’enregistrement ouvert par Jimi Hendrix peu avant sa mort, en 1970 - qu’attend Lenny Kravitz. A l’intérieur de la pièce feutrée, le musicien new-yorkais, 43 ans, est assis à côté d’une guitare.

  L’homme qui prône une révolution amoureuse sur son huitième album, «It Is Time For A Love Revolution», a le T-shirt rebelle. Les déchirures savamment placées sur le bout de tissu appuient un discours dans lequel s’entremêlent romantisme, nostalgie, rock’n'roll et revendications de sa liberté artistique, gagnée en dix-neuf ans de carrière à coups de disques d’or.Comme à chaque fois, Kravitz a lui-même produit son album et joué de tous les instruments: «Je ne suis pas le genre de mec à avoir un producteur, dit-il. Pour moi, la musique est comme la peinture. Je ne voudrais pas être un peintre et avoir quelqu’un qui me dise où mettre du jaune ou du vert. Je ne cherche pas à suivre la mode en prenant le producteur du moment. Dans dix ans, ce mec ne sera plus là et je veux que ma musique soit intemporelle.» 

 La famille, une affaire compliquée 

  Kravitz parle de Van Gogh, de Manet, de Toulouse-Lautrec, dont il a admiré les toiles un jour au musée d’Orsay, à Paris. Il bifurque sur les Beatles, Al Green, Led Zeppelin et Cream quand on lui pose une question sur sa conception du son. Le monde du rock contemporain l’ennuie: «J’aime pouvoir entendre les instruments. Il y a le piano, dur et fort. Et puis, il y a l’orgue, la batterie, la basse. Chaque instrument a son identité. La batterie de Ringo Starr (l’ex-Beatle, ndlr.) est reconnaissable entre mille. Aujourd’hui, les albums de rock ne me touchent plus comme avant. Ils ont tous le même son et n’ont plus de caractère propre.»Parlons d’identité. Né le 26 mai 1964, Leonard Albert Kravitz tient son prénom de son oncle, tombé au front en 1951, pendant la guerre de Corée. La famille est une affaire compliquée pour ce musicien, fils d’un producteur de télévision d’origine ukrainienne et d’une actrice des Bahamas. «Papa, pourquoi m’as-tu quitté et fait pleurer?», chante-il sur «A Long and Sad Goodbye» («Un long et triste au revoir»), l’un des nouveaux titres.Kravitz a décidé de parler de son père Sy, avec il a longtemps été brouillé. Mais lorsqu’il évoque le sujet, les repères se dérobent. «Quand j’ai écrit cette chanson, mon père était toujours vivant, raconte-t-il. Il est mort en novembre 2005. Je ne me rappelle plus de la date, mais c’était entre le 1er et 5 novembre (Sy Kravitz est décédé le 29 octobre 2005, ndlr.). Je ne voulais pas inclure cette chanson sur l’un de mes disques tant qu’il était vivant. Et quand je l’ai écrite, je ne savais pas que nous finirions par nous réconcilier une trentaine de jours avant sa mort.»   

Révolte et désir de paix

   Les agissements de sa mère patrie en Irak révoltent Lenny Kravitz. Dans «Back in Vietnam», il affiche un désir de paix sur fond de guitares électriques. «Quand l’être humain comprendra-t-il qu’il est capable de régler une dispute sans violence? lance-t-il, assis devant une tasse de thé. Nous avons la possibilité d’avoir la paix mais nous n’en voulons pas. Ou du moins ceux qui nous dirigent.»Kravitz est un récidiviste du rock engagé. A l’époque de la première guerre du Golfe, il avait enregistré une reprise de «Give Peace A Chance» avec Sean Lennon. Et au moment du déclenchement de la guerre en Irak, il avait collaboré avec un chanteur irakien sur un morceau intitulé «We Want Peace». «Par deux fois, ces chansons ont été interdites aux Etats-Unis, glisse-t-il. Je ne sais l’impact qu’elles ont eu (…), mais l’essentiel est de rester intègre.» Le propos n’est pas toujours révolutionnaire, mais dans le studio de Jimi Hendrix, il sonne plutôt bien.    

  
 
«It Is Time For A Love Revolution», par Lenny Kravitz,est disponible le 4 février.
         

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