Qualifié de Frankenstein de la musique au Canada, la comparaison qui peut sembler au premier abord peu flateuse résume plutôt bien le personnage qu’est Girl Talk pseudo que s’est donné Gregg Gillis, jeune américain de 27 ans, devenu une référence dans le monde du Mashup. Le 15 octobre vous pourrez découvrir son quatrième album - Feed The Animals, chez Illegal Art.
Mais qu’est-ce que le mashup, aussi appelé Bastard pop ? En fait, il s’agit de cette discipline qui consiste, plus que d’enchaîner des titres les uns après les autres dans une tentative de mix, d’associer deux ou plusieurs titres existants pour en faire une oeuvre originale. En France nous avons pu nous familiariser à ce mouvement grâce aux 2 Many DJ’s ou encore DJ Zebra. Mais souvenez-vous du phénomène qu’il y a eu autour du Grey Album de Dander Mouse qui mixait les morceaux de Jay Z issus de son Black Album avec ceux des Beatlles issus du White Album.
Girl Talk lui se distingue dans ce quatrième album par sa performance à avoir 300 samplé (utilisés, pillés) pas moins de 300 chansons pour ce long remix découpé en 14 titres indépendants. Je vous laisse faire le calcul du nombre moyen de titres par morceau.
Cet album est un voyage dans le temps. De la soul au rock, du hip hop à la pop en passant par le métal, tous les styles et toutes les époques sont visités. A peine aurez-vous eu le temps de reconnaître les Beastie Boys que vous passerez au Dexy’s Midnight Runners. Vous commencerez à entonner un Groove is in the heart de Dee Lite que, trop tard, vous chantonnerez Nothing compares 2 U ou verserez une petite larme en vous souvenant à quel point l’adolescence peut être cruel en reconnaissant la douce mélodie du générique de Dawson’s creek mais reprendrez une attitude cool grâce à Snoop Dog.
Pourquoi peut-on qualifier les titres de Feed the animals de Bastard pop ? Tout simplement parce que les Mahsup sont réalisés hors contrat puisque présentés comme des remixes et non des œuvres musicales originales. Aucun droit de reproduction n’ayant été donné à Girl Talk, son oeuvre est donc illégale.
Mais cela ne l’empêche pas de suivre la même stratégie commerciale Radiohead (également samplé) en rendant disponiblle cet album en téléchargement sur Internet pour un prix pouvant être librement fixé par les fans.
Je conseille cet album aux amateurs de blind-test et de name dropping. Mais également aux hyperactifs trop impatients d’écouter un titre dans sa totalité et aux zappeurs compulsifs. Mais surtout aux fans de musiques et tous ceux qui aiment faire la fêtes car, hommage ou pillage, ces 14 chansons n’en restent pas moins des témoignages de l’extraordinaire diversité musicale qui nous est offerte de découvrir et redécouvrir chaque jour.
Girl Talk - Feed The Animals (chez Illegal Art)
Dans les bacs le 15 octobre, l’album est en téléchargement ici.
Et en écoute dans son intégralité sur Myspace









Un commentaire
Je ne connaissais pas donc j’ai été faire un tour sur Myspace et je n’arrive pas à savoir si j’aime ou si je déteste.
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