
Le rétro mou de Vincent Delerm n’a pas changé d’une note. “Quinze chansons“, le nouvel album du chansonnier à la voix traînante est à réserver aux afficionados.
 La nostalgie trentenaire de Vincent Delerm ne bouge pas. Conservée dans le formol de sa voix chuchotante et dans ses paroles référentielles, elle s’adresse toujours au même public de bobos parisiens. Cette nostalgie est déclinée à un pluriel franchement singulier : nostalgie des années 60 jamais vécues dans “Tous les acteurs s’appellent Terence”; de l’Angleterre provinciale des clichés de Martin Parr dans la chanson composée en l’honneur du photographe Britannique qui avait fait un tabac à la MEP, il y a deux ans; du tacle jamais réalisé à l’euro 2008 par Patrick Vieira ; et bien sur des amours qui passent, légères et rousses devant les terrasses des cafés parisiens, ou bien avec des bracelets rouges à la piscine municipale.
Comme d’habitude chez Delem, l’ennui du quotidien a la force tranquille de références chics. Quand on aime, c’est plus mignon qu’ “un urinoir de Marcel Duchamp bébé”, et on lit Marc Lévy et Kundera dans les bras de sa mie. Le premier single, “Un temps pour tout” est représentatif de l’album : Delerm y vouvoie son amour aussi passé que le temps des Michocos, persistant et signant l’éternelle répétition d’un quotidien à demi-vécu dans un bain de culture télérama.
Alors que les duos de “Favourite songs” pouvaient séduire toutes et tous, l’an dernier, on conseillera donc “Quinze chansons” aux fans inconditionnels de Delerm. Aux autres on dira de s’abstenir… et aussi de ne pas critiquer trop sarcastiquement. Il faut du courage finalement pour entreprendre une éternelle répétition des mêmes micro-phénomènes. Et c’est peut-être la façon dont Vincent Delerm fixe cette vie minimale et néanmoins si fuyante sur ses CDs.
Yaël Hirsch
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Un commentaire
En effet rendons hommage à sont obstination de persévérer dans son style, nonobstant l’écrasante majorité des critiques bien-pensantes
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